La chèvre libérale

Blog d'un militant Alternative Libérale

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vendredi, octobre 13, 2006

Représentation syndicale

Un billet généraliste ce soir: la représentation syndicale vue sous mon angle de libéral.

Posons les bases: je suis pour le droit de grève, la grève peut consister en un blocage d'usine/transport... MAIS, si et seulement si cette grève est décidée par au moins 51% des salariés via leur représentation syndicale. La décision de blocage doit être strictement encadrée et limitée.

Passons au centre du sujet. Actuellement, nous avons 5 syndicats salariés, et deux syndicats patronaux. Un salarié ne peut voter que pour l'un des 5, pas un autre. On peut créer son syndicat (Unsa, Sud...), mais en aucun cas se présenter aux élections professionnelles. Comme si en France, nous n'avions que 5 partis éligibles aux présidentielles, les autres étant là pour décorer.

On comprend alors une partie de la très faible participation à ces élections: moins de 8%. En effet, on ne va pas voter pour quelqu'un qui ne nous satisfait pas idéologiquement. Il ne viendrait pas à l'idée d'un communiste de voter UDF.
Ma position, la position d'Alternative Libérale, est donc simple: ouvrir les élections à tous les syndicats. Laisser la liberté à chaque salarié de créer le sien, de se battre pour convaincre et défendre ses collègues...
La pluralité, la concurrence, est toujours une bonne chose. Le débat constructif aussi.

Oui? Mais qui dit plus de syndicats dit plus de grèves, non?
Je répondrais à cette question en utilisant deux arguments principaux. Le premier est qu'une journée de grève, c'est une journée de salaire en moins. Le second est que les syndicats et syndicalistes sont des associations politiques et salariés comme les autres.

Prenons le premier point: une grève qui dure trois jours, sur un salaire, c'est raisonnable, surtout si à la fin les revendications ont été acceptées. Plusieurs fois trois jours, sur un an, celà devient une perte conséquente.
Un salarié est un père de famille comme les autres. Il a sa famille à nourrir, des vacances à se payer, un loyer, des dépenses courantes... Il ne peut pas se permettre de faire grève tous les mois financièrement parlant.
Ainsi, je doute qu'il vote pour un syndicat qui est réputé pour appeler à la grève à tout bout de champ.

Le deuxième point est complémentaire à la pluralité syndicale: au nom de quoi un syndicaliste serait dispensé de certaines obligations? Yann Wehrling (président des Verts) ou Tatie Arlette ont-ils des droits en plus que mon voisin de palier? Non. Pour les syndicalistes celà doit être la même chose. De même, en quoi un syndicat est-il différent d'une association? Pourquoi a-t-il des financements publics et pas la petite assoc en bas de chez moi?
Une association ne doit vivre que de ses adhérants. Plus elle en aura, mieux elle se portera. Et pour attirer, il faut adapter son discours.

Prenez ces deux arguments et vous verrez que mécaniquement, plus de pouvoir syndical=moins de grèves. La démonstration est simple: les syndicats vont globalement tous se modérer, pour attirer le plus de monde possible. Ils s'allieront entre eux pour, en cas de conflit, représenter la majorité des salariés. Donc une entente idéologique. Comme le salarié moyen n'aime pas perdre son pouvoir d'achat de part sa faute (en faisant grève), il va éliminé les syndicats "grévophiles".

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