La chèvre libérale

Blog d'un militant Alternative Libérale

En 2007, votez Edouard Fillias: http://www.edouard-fillias.fr

mercredi, mars 22, 2006

Bienvenue à Minsk

Salut à toutes et à tous! En ce moment j'étais assez occupé ce qui explique le peu de billets. Hier, mon lycée était bloqué. Finalement à 10h j'ai pu rentrer afin d'assister à une assemblée générale, le lycée étant officiellement aux mains des élèves. Officiellement, c'est à dire que notre cher proviseur n'a strictement rien fait. Tout au plus a-t-il bloqué les portes d'entrée mais une bande de sauvages a cassé l'arrière du lycée afin d'y entrer de force. Ne voulant pas "se battre avec nous", il a préféré réouvrir. Les élèves étaient donc autoriser à rentrer, surveillés par les bloqueurs.
Dans la cour, un prof qui quittait le lycée discute avec un bloqueur, qui portait un gros autocollant de la LCR. (comme çi ce débile avait vraiment lu Marx...) J'entends la prof parler en bien du système anglais face à ce jeune totalement déconnecté de la réalité, parlant encore de classes sociales. Le spectacle était intéressant. D'un côté une prof proche de l'âge de la retraite, avec un discours moderne, réaliste, presque libéral, et de l'autre un jeune de Première, borné, réactionnaire, faisant référence au passé... Une véritable inversion des rôles! Etant d'accord avec la prof, et lui glissant au passage que c'est étonnant d'en entendre un vanter le système anglais dans sa lutte contre le chômage, elle me conseille d'aller à l'assembler et de tout faire pour réveiller les consciences...
Assemblée générale, 107 personnes dont moi dans la salle (sur 1000 lycéens, belle représentativité...). Bref passage du proviseur pour nous informer que l'action est illégale mais qu'il n'a pas envie de s'opposer machin tout ca, en français "faites ce que vous voulez, moi je veux pas d'emmerdes". Bref topo de la part des organisateurs, présentation de l'ordre du jour. J'abrège car c'est commun à toutes les AG. Il est prévu que des "délégations" (ca fait plus sérieux que de dire simplement des lycéens) de Ravel, Arago... viennent nous faire un compte rendu des actions chez eux. Deux personnes à chaque fois.
Puis vient le temps du débat. J'interviens pour dire qu'en tant que libéral (là je me fais huer) je ne peux être que contre le cpe. Puis lorsque j'ose dire que leur action est illégale et que je m'opposerai à tout blocage, c'est l'apogée: les 106 personnes, comme un seul homme, se mettent à me huer. J'ai beau crier dans le micro personne ne m'entends. J'ai eu l'occasion de débattre avec les meneurs, qui sont des types intelligents et intéressants, avec lesquels il est enrichissant de débattre ne serait-ce que pour savoir quels sont les erreurs que l'on fait, les angles d'attaque idéaux, les contradictions... Mais cette masse, ce bloc, qui bouge et réagit de façon simultanée, comme un défilé en Corée du Nord, ca fait un choc. Je m'étais jamais pris de coup sur la tête de cette façon. A la rigueur j'avais le droit à quelques "mais t'y connais rien" ou "t'es vraiment trop con mon vieux". Ca je m'en fous c'est de la gaminerie. Alors que d'être seul, et j'exagère pas, face à 106 personnes qui sont fanatisés à ce point...
Ils me disent que s'il y avait vraiment de l'opposition au blocage ils seraient venus. Quelle mauvaise fois. Si je n'étais pas resté devant le lycée je n'aurais rien vu. Se pointer à 8h pour voir le lycée fermé, je regrette mais avant de m'engager dans un parti c'est un truc qui m'aurait fait directement rentrer chez moi. Surtout faire ça à la dernière minute, dans l'urgence, faut être con comme une chèvre pour encore croire que l'opposition aurait pu être au courant. Alors oui c'était facile pour eux. Dépité, je rentre chez moi à la pause déjeuner sans retourner à l'AG. J'ai assez donné.

vendredi, mars 17, 2006

Compte rendu de tractage

Bonjour amies et amis lecteurs et lectrices qui êtes de plus en plus nombreux à attendre tous les jours les chroniques de votre chèvre libérale! Aujourd'hui, en réaction au blocage général d'hier, je comptais organiser un tractage anti-cpe et surtout anti-blocage. J'avais une petite appréhension car je ne l'avais jamais fait. Mon lycée devant ouvrir normalement ce matin, je me disais que si j'avais un problème je pouvais tout de suite rentrer dans l'établissement. De plus j'avais mon bac blanc à réviser donc c'était pile poil. Je programme donc mon réveil à sonner à 8h pour y être à 9h avec une pochette de 500 tracts A5 (pour 1200 lycéens). Jusque là tout va bien.

Quelle ne fut pas ma surprise en voyant le lycée fermé avec une masse d'élèves devant. La police était là. En tant qu'honnête citoyen, je vais leur demander ce qu'il se passe: "le lycée est fermé car si on l'ouvre il va y avoir des problèmes de sécurité". Je les informe que je compte tracter contre les blocages et leur en propose un qu'ils acceptent.
Le voilà le travail de terrain. C'est trop facile de se poster devant une porte et donner des tracts. Là, ma seule solution était de faire le tour des groupes, avec ma petite pochette et ma bonne volonté. "Bonjour! Un peu de lecture! Non au CPE mais non au blocages!". Tout se passe bien. Un des meneurs vient me voir pour discuter, débat très constructif et intéressant. J'en distribue une centaine en une heure. Puis d'un coup, une masse se dirige vers la route et allument un feu avec des cageots. Blocage de la rue pendant un bon quart d'heure. Pompiers, policiers, fumigènes. Cette démonstration de violence est vite circonscrite car très mal organisée et imprévue. Celà montre de toute façon la bêtise de ces lycéens et collégiens qui ont envie de faire mumuse et de se prendre pour des "grands qui se révoltent kontre le grand kapital et la prèKriT". Un de mes profs, je lui donne un tract et lui demande au passage s'il compte faire cours. Non car je risquerais d'être le seul dans la classe. Un autre prof, trèèèèèèèèèèèèèèès à gauche lui. Présent à toutes les grèves, limite s'il est pas allé à celle des routiers... M'en fous je lui en donne un.
Et voilà mon CPE (le métier, pas le contrat...) qui m'aime bien. "C'est quoi ça? Des tracts anti blocage msieu! Parti libéral? C'est vraiment pas ce que je préfère tu sais bien! Oui mais pensez un peu à vous: vous êtes un excellent CPE (c'est vrai en plus), il n'y a aucune raison qu'on ne vous donne pas une prime! Le libéralisme c'est le paiement au mérite! Mais tu vas te faire incendier par les autres! Et bien au moins j'aurais une preuve que ce sont des sauvages!" Amusant.
Une personne m'interpelle, me demande ce que je distribue, et voit le logo d'Alternative Libérale. "Ah tu es donc dans ce nouveau parti? Mais comment tu peux te faire entendre alors que quasiment tous les jeunes s'opposent à ce que tu dis?" Déjà ca me fait plaisir de voir qu'une personne lambda a entendu parler de nous. Je lui réponds tout simplement que le but du tractage est de nous faire connaître, après on se fera entendre.
11h, plus personne devant le lycée. Je retourne chez moi. Résultat: 50% de tracts distribués, 15% par terre ou à la poubelle.

Bref un premier tractage qui aurait pu être très bon s'il avait fait un peu plus chaud parce que rester debout même en marchant un peu par -2°C y'a de quoi finir gelé ;) Le métier qui rentre quoi.

Bonne après midi et bon week-end!

jeudi, mars 16, 2006

Nouveau single de Renaud: Dad' VSI

Vu sur PC Inpact

Plusieurs chapitres importants de la loi DADVSI ont été adoptés hier à l’Assemblée nationale. Les députés ont validé ainsi la création du collège des médiateurs, une autorité administrative qui devra régler les litiges entre consommateurs et ayants droit sur les questions de copie privée. Ce collège sera également chargé de définir le nombre de copie que l’on pourra réaliser selon le support. Faute de chiffre minimal, le nombre de copie pourra être égal à zéro.

A également été adopté l’amendement « Vivendi Universal », disposition sans doute unique au monde et qui ne cessera de susciter bien des interrogations. Avec cet amendement, sera sanctionné de 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende le fait de mettre à disposition un logiciel « manifestement destiné » à la mise à disposition non autorisée d’œuvres protégées. Aucune définition pratique de ce logiciel n’a été donnée, le travail revenant davantage aux juges. On ne sait encore quelles seront les retombées, les logiciels (et pas seulement P2P) pourront par exemple prévoir des filtres techniques ou juridiques contre ces mesures...

« Le P2P est la base même de l'Internet et tous les logiciels utilisant les protocoles d'échange entre 2 ordinateurs distants peuvent être classés dans cette catégorie » signale de son côté la ligue Odebi face au risque d’insécurité d’un tel texte. Gilles Gravier, responsable Stratégie Technologies de Sécurité de la société Sun Microsystems, notait lui que « le risque est grand pour les auteurs de logiciels de P2P destinés à un usage légitime, mais dont un grand nombre d'utilisateurs se sert. » On signalera qu’une disposition supplémentaire a finalement été prévue : « ces dispositions ne sont pas applicables aux logiciels destinés au travail collaboratif, à la recherche ou à l'échange de fichiers ou d'objets non soumis à la rémunération du droit d'auteur. » Alors qu’un couteau peut aussi bien servir à trancher un cou qu’un morceau de pain, un travail de frontière assez complexe va devoir être mis en place entre les logiciels d’échange non autorisé et cette deuxième catégorie. Une solution d’échange peut aussi bien servir à l’un comme à l’autre…

Enfin, le fait « d’inciter sciemment, y compris à travers une annonce publicitaire, l’usage » des logiciels d’échanges est également interdit. Cela concerne aussi bien les sites spécialisés dans le P2P, la presse, les forums, les commentaires postés par les lecteurs, bref toutes les traces écrites incitant d’une manière ou d’une autre au téléchargement sur des solutions P2P. La mesure exigera un effort certain tellement ces solutions étaient rentrées dans les mœurs… Les débats se poursuivront jusqu’à ce soir. Le vote solennel du texte interviendra le 21 mars. Le texte prendra une navette pour le Sénat dès le mois de mai.

Ce qui me fait assez peur, c'est la mention "d’inciter sciemment, y compris à travers une annonce publicitaire, l’usage ". Si j'en crois la news, véhiculer un message de type "je te conseille Bittorrent pour télécharger la dernière version de Suse" ou "oui sur Emule tu peux trouver une bonne version de Blender", je serais théoriquement dans l'illégalité. De plus, apparament ce sera à la justice de trancher tant la loi est large. Vu les délais de notre justice, ca va durer des mois. Sans oublier que chaque juge étant différent, l'utilisateur est confronté à une inégalité vis à vis de la peine. En effet, il suffit qu'il tombe sur un juge clément pour ne rien avoir et inversement pour être condamné à fait identique. Comment pourrais-je savoir que donner une astuce pour accélerer les téléchargements avec un logiciel de p2p est illégal ou non? Si je propose des créations libres en téléchargement edk2, je ne pourrais pas dire "pour obtenir mes créations, vous devez utiliser Emule" en mettant un lien direct.

Cette loi, en plus d'être liberticide, est totalement incompréhensible. Et si nul n'est censé ignorer la loi, tout le monde devrait pouvoir la comprendre. Même si je connais une formule de maths par coeur, je suis incapable de l'utiliser. Ca ne me sert donc à rien. Un exemple frappant de l'inadaptation des majors au marché: j'aime UN morceau d'un artiste qui n'est pas disponible tout seul à l'achat. Et j'ai pas envie de payer 15€ pour acheter l'album et n'écouter qu'un morceau. Pas de bol, cet artiste n'est pas en téléchargement légal sur une plateforme de type Itunes. J'ai donc pas d'autre solution que de le pirater. Que ca soit en demandant à un ami de me passer le cd pour que j'extrais le morceau ou via un logiciel de p2p. Alors qu'à Mac Donald je peux demander uniquement une moyenne frite, à la fnac je ne peux prendre qu'un menu complet.

Je ne doute pas de l'intelligence de nos chers représentants, mais faut pas délirer non plus, c'est pas des types de 40-50 ans qui connaissent internet. Et c'est pas les majors non plus qui connaissent le mode de fonctionnement des internautes. Résultat, une loi qui est bancale et inadaptée. Sans oublier cette tanche de RDDV qui nous sort un site dans lequel la liberté d'expression est muselée et qui ressemble plus à un site de propagande qu'à autre chose. Il faut abroger cette loi. Combien coute un morceau de musique à produire, à l'unité? Quasiment rien. Combien il est vendu? 99ct. Avec une entente sur les prix bien entendu.

mercredi, mars 15, 2006

Le communisme, un raisonnement bancal

Comme l'a développé Toqueville, l'égalitarisme, c'est à dire la volonté extrème d'égalité, fait en sorte que la moindre inégalité devient insupportable.
Dans une société par nature très inégalitaire, une inégalité de plus ou de moins passe inaperçu. Dans une société où globalement les revenus sont les mêmes, celui qui gagne un tout petit peu plus que les autres a aux yeux des autres forcément triché, abusé de sa liberté.

Qu'est ce que l'idéologie communiste? L'égalitarisme. Comment arriver à une égalité quasi parfaite? Tout simplement en abolissant le droit de propriété. La propriété privé, c'est à dire le fait de posséder un bien sur lequel on a tous les droits et sur lequel les autres n'ont pas ce droit, est source d'inégalité.
En effet, si j'ai un morceau de pain, je peux en faire ce que je veux. Si mon voisin mange le sien et que moi je le garde, lorsque mon voisin aura de nouveau faim il n'aura rien et moi j'aurais.

En abolissant la propriété privée, personne n'a plus que l'autre puisque personne ne possède.

D'après Marx, le communisme doit déboucher sur l'anarchie: l'absence d'une autorité qui a plus de droits que les individus et qui peut les contraindre à faire quelque chose ou à ne pas faire quelque chose. Pendant la période communiste, tous les biens vont à l'Etat. On ne parle plus de propriété privée, dépendant d'un individu, mais de propriété publique, de biens publics. Le lampadaire en bas de chez moi ne m'appartient pas, mais j'en bénéficie. Mon voisin aussi. Tout le monde en bénéficie et nous jouissons d'une égalité d'éclairage.

Après ce petit point sur la propriété privée, je passe à ce qui fait l'Homme: le travail.

Quand un homme travaille, son effort, le temps qu'il a passé pour effectuer une mission déterminée, est récompensée. Que ca soit en argent ou en sac de blé, c'est pareil.
Dans un système communiste, l'homme ne travaille pas pour lui mais pour le groupe, pour l'Etat. L'Etat se charge après de redistribuer de manière strictement égalitaire la production.
Dès lors, celui qui travaille plus aura autant que celui qui travaille moins. Dans une vision collectiviste, il est évident que chaque individu doit travailler le plus possible afin d'augmenter ce qui est redistribuer et ainsi avoir plus. Jusqu'ici, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Là où se heurte le communisme, c'est sur le fait que nous ne naissons pas tous égaux. Nous sommes tous différents. Certains sont plus forts, d'autres plus intelligents, d'autres ne sont ni forts ni intelligents... Ainsi, on ne peut pas demander à tous les travailleurs de travailler autant que les autres. Celui qui est plus faible travaillera moins intensément et diminuera la production. Par rapport à ce qu'il produit, il aura plus que celui qui est très fort.
Un communiste dira "mais le faible est payé pour son effort, pas pour ce qu'il produit. Il souffre autant que le fort".

Ce raisonnement ne tourne pas rond. Pourquoi? Il serait facile de démonter le raisonnement communiste en utilisant la pseudo justification "l'homme est naturellement tricheur". C'est très facile, et celà peut être également utilisé par les communistes en disant que c'est faux. De nombreux philosophes ont étudié la question (Voltaire et Rousseau pour citer les deux antagonistes) et je n'en ferais pas l'utilisation par manque de culture.
Ce raisonnement ne tourne pas rond car l'effort n'est pas quantifiable. Que l'on considère que l'homme est bon ou qu'il est mauvais, on ne pourra pas savoir si le faible donne véritablement toute sa force dans le travail et inversement. On jugera l'effort sur des critères subjectifs.

L'idéologie communiste pêche donc par une faute de raisonnement cruciale. La phrase "le faible est payé pour son effort" n'est pas rigoureuse car le fait de payer fait appel à une idée de chiffre, donc objective (1+2=3, que l'on soit communiste ou pas), et celle d'effort est subjective. Il n'existe pas d'échelle, de mesure de l'effort. On peut dire que A exerce une pression de 3kg sur le bloc de pierre, qu'il dépense tant de calories par heure. En revanche, cet effort sera ressenti différament selon l'individu. Si dès l'enfance on s'est habitué à beaucoup s'écouter, l'effort sera plus couteux que si on a été habitué à rester stoïque. Il est donc impossible de déclarer que la production est répartie égalitairement entre chaque individu.

lundi, mars 13, 2006

Y'a des pendaisons qui se perdent...

Je vous invite d'abord à lire:ce texte
Le texte aurait été de type "la situation actuelle de tensions menaçant le libre enseignement de l'université, la direction décide de suspendre temporairement les cours", celà eût été compréhensible. C'est du n'importe quoi mais ca se justifie. Bosser alors que des universitaires protestataires (on ne parle pas de grève quand on n'est pas payé pour un travail) font mumuse avec un mégaphone et nuisent à la liberté de circulation, c'est pas vraiment supportable.
Mais le texte dit clairement que la fermeture de l'université se fait par idéologie politique: on s'oppose au CPE donc on ferme.

Ces gens là qui parlent de précarité, donc qui défendent l'égalité, transgressent une fois de plus leur idéal. En empêchant l'accès à des élèves qui ont droit à des cours, ne serait-ce que parce qu'ils ont payé des frais d'inscription, ils nuisent à l'égalité de l'enseignement car il est bien connu que seuls les élèves ayant un certain niveau social peut se permettre de prendre des cours supplémentaires, de travailler efficacement chez eux dans un environnement favorisé. De plus, que les universités soient indépendantes c'est une bonne chose. Que les universités choisissent leur politique c'est une bonne chose. Mais que des décisions touchant à l'enseignement soient prises SANS consultation des étudiants c'est intolérable. Même en supposant que dans cette université une majorité d'étudiants soient pour cette décision, que penser de la minorité qui se fiche totalement du CPE ou chez qui les considérations politiques passent après l'enseignement et l'assiduité aux cours?

Comme vous avez pu le lire, je suis contre le CPE. Mais même si la loi en question avait été la fixation du prix du fromage de chèvre ( ;-) ) et qu'une université avait fermé pour protester, j'aurais posté la même chose. Qui fait la loi? Le Parlement. Qui fait exécuter la loi? Le gouvernement. La rue peut protester, c'est normal. Mais qu'une poignée de fonctionnaires logés dans leurs fauteuils décident du jour au lendemain, à travers d'une pseudo concertation, de suspendre les cours, faut arrêter de fumer des câbles ethernet... On est en démocratie, pas en bordélocratie ou chacun se fiche totalement des lois. Et ce n'est pas contradictoire avec ma passion du système libéral. Dans une université, la liberté inaliénable est celle de recevoir un enseignement.

Je tiens donc dire à ces personnes que je ne connais pas que je leur souhaite un gentil petit limogeage dans l'université de Saint Pierre et Miquelon.

vendredi, mars 10, 2006

CPE: ca bloque

Puisque ca bloque, je blogue (jeu de mot sponsorisé par Carambar). Blague à part, on se retrouve dans la situation Loi Fillon. Petit rappel des faits: Villepin pond un texte nommé Projet de loi sur l'égalité des chances comportant un article créant un contrat de travail dit CPE. Les étudiants, comme à leur habitude, proteste. Dès qu'une réforme est entreprise, les étudiants protestent. C'est la tradition. Le beauf va au camping, l'étudiant proteste. Et je ne contredis pas la règle. Jusque là, rien de bien méchant.

Seulement, depuis quelques années, le mouvement étudiant se radicalise. Les manifs et les tractages c'est classique, ca casse pas trois pattes à un canard. Mais ils passent au blocage de masse. Celà se caractérise par une fermeture à l'aide de barres de fer, de chaines, de cadenas des portes, de l'occupation des halls avec comme volonté première d'empêcher les élèves de circuler, l'utilisation du mégaphone dans l'établissement et à l'extérieur, et maintenant l'occupation des SALLES de cours, jour et nuit. Cette situation est totalement intolérable. C'est une atteinte à une liberté fondamentale, celle de circulation. Il est intolérable que des individus nous empêchent d'assister à des cours auxquels nous avons droit. Ces mouvements sont antidémocratiques: j'ai assisté à une AG dans mon lycée: des votes à main levé (qui peut se risquer à contester quand tout le monde voit que l'on conteste?), des questions à réponse obligatoire: pour ou contre la mobilisation? (on peut soutenir la volonté de contestation sans pour autant approuver la méthode), des transgressions régulières de la circulaire à propos de la liberté d'expression dans les établissements qui indique clairement l'interdiction du prosélytisme (donc l'interdiction des panneaux dits d'information qui sont en réalité des panneaux de propagande). Je me souviens d'une question posée à l'occasion de la loi Fillon: "êtes vous pour ou contre la loi fillon"? "soutenez vous la mobilisation du lycée?". Comment être totalement pour ou contre un texte? Je réponds quoi si je soutiens la liberté d'expression mais pas le blocage de mon lycée?

Cette masse d'étudiants manipulée par les associations d'extrème gauche, qui sont une très faible minorité à avoir véritablement lu le texte incriminé, qui rejettent en bloc la loi et sont les premiers à hurler quand Villepin utilise le 49-3 est imbécile. Quand on utilise les locaux de SUD pour photocopier des tracts, on peut douter de la neutralité des mouvements. Quand on affiche des tracts des Jeunesses Communistes Révolutionnaires, on peut douter de la neutralité du mouvement.
L'université est un parcours suffisament difficile pour ne pas se permettre de louper un cours. J'invite donc tous les étudiants à manifester votre mécontentement.

N'ayez pas d'hésitation! Prenez des photos si on vous agresse! Tout ce qui sera bon pour décrédibiliser ce mouvement est à garder! Ne tapez pas ou ne menacez pas les grévistes en revanche. Portez plainte, vous avez la loi avec vous!

Ahhh non pas possib' c'est hors secteur

La carte scolaire est un dispositif tout simple: une zone géographique est découpée en secteurs. Ces secteurs doivent comporter une répartition la plus égale possible de populations pauvres et riches afin d'assurer une prétendue mixité sociale. Ainsi, un secteur parisien regrouppe le 18ème arrondissement, pauvre et populaire, avec le 8ème (?) très riche. Ainsi, un élève habitant le 18eme peut demander librement un établissement situé dans le 8eme mais un élève du 12eme ne peut pas le faire. C'est à dire qu'un élève qui a le niveau pour aller dans le meilleur établissement de Paris mais qui n'est pas dans son secteur ne peut pas le faire, sauf s'il s'y prends un an à l'avance et encore, la validation est à discrétion du rectorat. Ayant pour objectif initial d'éviter une forme de ghettoïsation, la carte scolaire n'a strictement rien arrangé. Paris possède toujours ses collèges et lycées poubelles et ses établissements d'élite. Celà se comprend très facilement: lors de l'étude des dossiers, le choix de prendre un élève est donné au proviseur/principal de l'établissement. Un chef d'établissement qui veut que son collège soit élitiste ne va prendre que les meilleurs, de telle sorte que les moins bons seront cantonnés dans les établissements qui veulent bien d'eux.

Antisocial? Une honte? Au contraire. Heureusement qu'on a une sélection et que le chef d'établissement est libre! Là où le bas blesse, c'est lorsque l'on prend le cas, courant, de l'excellent élève qui habite au mauvais endroit. Tu habites boulevard Poissonnière et tu veux aller à Louis le Grand (un des meilleurs lycées de paris)? Ahh non pas possible c'est hors secteur. Cette situation est tout à fait injuste. Celui qui fait l'effort de s'en sortir, d'être le meilleur, doit avoir le droit de profiter du meilleur enseignement possible, des meilleurs conditions possibles. C'est ça le "social". C'est donner le droit à quelqu'un qui veut y arriver d'obtenir le meilleur pour lui. Le social ce n'est pas la moyennisation actuelle. Le bon élève dans un établissement rempli de mauvais est totalement démotivé par l'ambiance qui considère la réussite comme du fayotage, et au lieu de jouer un rôle de moteur il va totalement décrocher. Un moteur ne peut être utile que si les roues peuvent tourner. Faire tourner un moteur dans le vide l'use et le fait casser.

Abolir la carte scolaire, c'est permettre aux meilleurs de rester les meilleurs, aux moyens de prétendre à un enseignement de bonne qualité (l'effort paye toujours) et à ceux qui n'ont rien envie de faire par fainéantise de n'ennuyer personne. Si un chef d'établissement veut une mixité de niveau, il doit pouvoir le faire. Si un autre ne veut qu'un lycée d'élites, il doit aussi pouvoir le faire. Si un élève veut être dans un établissement au niveau hétérogène, il doit pouvoir le faire. Si un élève ne veut être que dans un lycée d'élite, c'est pareil.

jeudi, mars 09, 2006

Pourquoi j'ai adhéré à Alternative Libérale?

Comme je l'ai dis dans le billet précédent, pourquoi adhérer à un parti en ne connaissant que l'idéologie qu'il prétend défendre? Par ras le bol, il faut l'admettre. J'en avais et j'en ai assez des grèves, des blocages, de l'arbitraire syndical, de l'ultrasocialisme, de cet Etat qui nous vole jour après jour nos libertés au nom de cette prétendue solidarité. Assez d'être taxé d'exploiteur lorsque je me dis libéral, assez de voir que le patron est systématiquement stigmatisé comme un monstre inhumain au gros ventre et au cigare fumant, assez de subir ces "suite à un mouvement social, le traffic est très perturbé sur la ligne bidule". Assez d'entendre cette propagande socialiste de la part de mes profs et de la lire dans mes manuels d'éco et d'histoire.
L'UMP vote la DADVSI liberticide, le PS vote les 35h anticroissance, l'UDF sponsorise la TVA sociale, Chirac nous fait un parallèle sur les désastres supposés du libéralisme et réels du communisme, Le Pen fait 18%... Et Madelain nous sort un discours d'économiste juste mais inadapté et se prend une claque.

J'ai toujours voulu me lancer dans la politique, et j'avais une opportunité de faire mes premières armes. Un parti jeune, volontaire, qui n'a pas honte de se définir clairement libéral et qui en fait sa fierté, c'est suffisament rare. Alors je n'ai pas hésité. En entrant dans ce parti, j'avais un appui à mes discours. Même si on peut railler sur la petite taille du mouvement, sur sa très faible visibilité médiatique (mais qui commence à se faire voir), pouvoir commencer un débat sur "mon parti, Alternative Libérale, estime truc, et je me permettrais d'ailleur de rajouter ceci" ou "bien que mon parti, Alternative Libérale, ait cette position sur ce sujet, je ne crois pas que truc". C'est toujours plus fort que de dire "personellement je pense que"
Savoir que SA contribution peut permettre justement dans le cadre d'un parti jeune de faire passer ses idées en participant par exemple au programme ou même au débat entre militants est motivant. Hors du parti, je ne discute qu'avec des gens qui n'ont qu'une faible culture du libéralisme et je pourrais théoriquement leur dire n'importe quoi. Débattre avec des connaisseurs pousse à une certaine rigueur de discours, de pensée. On ne peut pas se permettre de faire un petit détour pour cacher un manque de culture, une erreur d'interprétation.

En supposant que l'UMP fusse libérale, je n'y aurais pas adhéré. Parce que les jeunes sont cloisonnés. Je ne veux pas être mis dans un réservoir d'électeurs acquis, je veux agir, je veux qu'on m'écoute, qu'on me propose des postes à responsabilité. Quitte à les refuser si je ne me sens pas capable. Les JeunesPops sont un groupe uni mais satellite aux VieuxPops. Sans Sarko ou Villepin, l'UMP ne serait pas grand chose. Ce sont deux grands guignols, deux stars, les Lorie de la politique. "Je suis à l'UMP parce que je suis pour Sarkozy". Donc on aurait mis Sarko au PS et une partie des jeunes l'auraient suivis. Si j'ai adhéré à Alternative Libérale, c'est pas parce que Sabine ou Edouard y sont. Evidemment celà donne une raison de plus pour y entrer mais il est hors de question que je renie mes convictions pour espérer me lancer en politique. Si la France est dans cet état catastrophique, c'est parce que chaque élu national a préféré son poste à ses idées. Résultat on oscille dans une sociale-démocratie étatiste et ultramodérée qui n'avance plus. Lorsqu'une entreprise n'avance plus, elle recule. Même si je pensais vraiment que ce parti allait rater j'y aurais quand même adhéré. Parce qu'on ne peut plus attendre. Un coup d'épée dans l'eau a le mérite d'avoir tout de même été donné. A force d'agitation il sortira quelque chose de bon, d'ultime, de vrai. Combien de temps? Un an, cinq ans, dix ans, vingt ans, plus même pourquoi pas. D'ici là j'aurais peut-être émigré dans un pays plus accueillant, laissant la France aux mains des ultrasocialistes. Mais il faut résister. Résister à l'oppression liberticide de ces ultraétatistes qui sous couvert d'une tendance modérée sont extrémistes dans la médiocrité.

C'est parce que je veux résister à cette médiocrité que j'ai payé ma cotisation (pas chère en plus :) ) à Alternative Libérale.

Bon appétit!

mercredi, mars 08, 2006

Comment j'ai adhéré à Alternative Libérale?

Je ne sais pas si vous avez connu ce petit programme des années 90 qui se nommait Présidator (Présidentielles Assistés par Ordinateur) que j'ai eu l'occasion de tester vers 1998, après les présidentielles de 1995. A cette époque j'avais une dizaine d'années, et aucune connaissance politique particulière. Mon père était miterrandien et avait voté jospin, ma mère n'était pas politisée. Le résultat ne pouvait donc pas avoir été influencé par quiconque: j'aurais voté Madelain.
Puis j'ai commencé à me politiser progressivement par rapport au PS, par tradition familiale. Je me souviens avoir apprécié Strauss-Khan et ses mesures au ministère de l'économie. Enfin, dans les années 2000, j'ai été voir du côté de l'UDF, d'abord pour son caractère "je veux prendre le meilleur des deux systèmes" et un peu outsider, puis par foi en la construction européenne et en l'humanisme. En 2003 se lance Liberté Chérie dont je suis parmi les premiers sympathisans, sans pour autant m'engager. Liberté Chérie m'a conforté dans mon idée libérale et je me suis peu à peu éloigné de l'UDF qui n'est pas libérale, du moins sur la plupart des sujets.

Les grèves se suivent et se ressemblent, mon lycée est bloqué, je râle, j'engueule les grévistes, je vais aux AG pour protester, je pique les tracts des organisations communistes et assimilées que je m'empresse de détruire, je détache les banderoles... Je n'ai aucun soutien mais je m'en moque. Enfin pendant les vacances de la toussaint, tout s'enchaine très vite. En navigant comme d'habitude sur les forums de LC, je tombe sur un lien vers les Jeunesses Libérales, association sans reconnaissance légale de lycéens dans le centre de Paris. Cherchant des soutiens, je leur donne mes coordonnées. Puis l'actuel Président des Etudiants d'Alternative Libérale, Pierre T. , me contacte moi et les JL. Je recontre ce Pierre dans un café et après une brève discussion intéressante entre libéraux convaincus, j'accepte de "pré-adhérer".

C'est bien beau, mais pourquoi adhérer à un parti libéral dont je ne connaissais pas le programme, la méthode de fonctionner? (programme que je ne connais pas encore d'ailleurs ;) ) Vous trouverez les raisons

La tradition de la rue.

Hier devait être la grande journée de mobilisation anti CPE. Pour rappel, le CPE est destiné aux jeunes de moins de 26 ans. Les revendications étaient pour résumer "non au travail jetable, non à la précarité". Je pourrais ajouter sans trop exagérer "non au chômage, non à la pluie et non à l'hiver".

Je suis contre le CPE. En tant que libéral, voir une réglementation supplémentaire a le don de m'hérisser les poils. Mais je ne suis pas allé manifester. Pourquoi? Parce qu'en tant que lycéen, ayant volontairement choisi la voie des études longues, j'estime que mes opinions politiques passent après l'assiduité aux cours, qui est précisé dans le règlement. Etant le premier à râler des grèves de mes profs qui ne rendent pas un service auquel j'ai droit, il est hors de question que je me comporte comme eux. De plus, manifester avec des gens de la LCR, de la FIDL ou de l'UNEF, les mêmes qui ont bloqué mon lycée l'année dernière, non merci. Et puis il faisait pas beau.

Je suis contre le CPE non pas à cause de la précarité qu'il engendre, précarité qui n'est d'ailleurs pas propre au CPE mais à tous les contrats (y compris le CDI), non pas à cause de la remise en question de certaines règles du code du travail à propos du licenciement, mais parce que j'en ai totalement assez de ces cochonneries de contrats aidés. Le problème n'est pas le chômage des jeunes mais POURQUOI les jeunes sont au chômage. La réponse n'est pas comment leur redonner un emploi mais comment faire en sorte qu'ils ne passent plus par le chômage de façon systématique.

Lorsque l'on sait que notre code du travail fait plus de 1200 pages, que chaque article peut être contourné, que l'on crée sans arrêt d'autres articles et que l'on voit le résultat catastrophique de 11% de chômeurs, le problème saute aux yeux: trop de règles. Le CPE en fait partie. Oui il crée de la flexibilité, mais à quel prix! L'Etat doit prendre en charge les cotisations sociales des entreprises, l'employeur risque à tout moment les prud'hommes... On peut être viré du jour au lendemain pendant deux ans? Quel est l'intérêt du patron? Une de mes camarades me parlait de l'exemple de la femme enceinte au milieu de la période d'essai qui risque le licenciement. Mais que va faire cette femme? Attaquer l'employeur, lui faire perdre un temps monstrueux et l'argent qui va avec, donner une mauvaise image de l'entreprise... Bref, si moi employeur voit une employée-CPE enceinte, je la garde. C'est bien moins coûteux de lui payer un congé maternité que d'aller au tribunal. Ou alors j'embauche plus de femmes mais je risque une plainte pour discrimination sexuelle.

Quel intérêt ai-je en tant que patron de licencier quelqu'un que j'ai formé? Qui m'a couté de l'argent? Qui grâce à sa formation pourra aller voir un concurrent? Il faut être réaliste. Mais ce problème de la période d'essai en soulève un autre: pourquoi force-t-on l'employé à subir une période d'essai? Pourquoi force-t-on le patron à accepter une période d'essai? La seule solution au problème du chômage est toute simple. Il suffit de voir le jeu d'échecs pour s'en rendre compte. On a un petit nombre de règles mais une combinaison de techniques quasi infinie. Il nous faut un simple Contrat de Travail. CT, comme C'est Tout. Ou Contrat Libre Embauche, CLE, comme la clé vers l'emploi. Un contrat qui obéirait à l'offre et à la demande. L'employeur a besoin d'un employé pendant deux semaines pour 45h/semaine? Il propose son offre. Un chômeur cherche un travail pendant 5 mois minimum et est prêt à travailler 39h/semaine pour un salaire de 1000€? Il propose son offre. Les offres et les demandes se combinent et chaque personne trouvera son bonheur.
Pendant l'entretien, les deux interlocuteurs peuvent négocier. Si l'employeur a absolument besoin d'un contrat de 40h et que le chômeur a demandé 39, rien ne l'empêche de demander une petite hausse de son salaire pour compenser, et inversement. De même pour le préavis de licenciement et les indemnités en cas de rupture unilatérale du contrat. Laissez les gens se débrouiller entre eux, libérez leur créativité. Le compromis est la meilleure solution. Et ce n'est pas un petit nombre de députés-ministres qui peuvent savoir mieux que les chômeurs et les DRH ce qui est bon et mauvais pour l'emploi. Ce n'est pas une décision arbitraire qui règle les problèmes.

Pour finir, une petite citation de Tocqueville: Le plus grand soin d'un bon gouvernement devrait être d'habituer peu à peu les peuples à se passer de lui.